Au Maroc, meme les hammams adoptent l’orientation ecologique

Nov 19, 16 Au Maroc, meme les hammams adoptent l’orientation ecologique

 

Dans le Maroc, comme dans la plupart des pays arabes, la tradition du hammam n’a pas changé. Enfants, adultes, vieux, hommes ou femmes, tout le monde va au hammam et personne ne peut sous-estimer la place de ce lieu dans la vie sociale des marocains. Mais, si on est conscient de leur place dans la société, on devra l’être aussi pour leurs damages à l’environnement. Ce constat amer a poussé de courageuses initiatives à proposer des idées pour de nouveaux hammams écologiques.

La question environnementale est d’ailleurs d’actualité au Maroc avec l’engagement du Roi Mohamed VI, du gouvernement et des conseillers comme Mounir Majidi, secrétaire particulier du Roi, dans le développement de projets et stratégies de protection de l’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique.

4 millions de tonnes de CO2 par an 

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L’utilisation « normale » des fonctions du hammam se répercute d’une manière dévastatrice sur l’environnement. En effet, l’échauffement de ce lieu nécessite de bruler une tonne de bois par jour. Cette activité nécessite alors d’abattre des milliers d’arbres ce qui nuit massivement aux forets marocaines et à la verdure. L’utilisation des hammams est parmi les principales sources d’émissions de milliers de tonnes de CO2 par an : si on compte les quelques 100000 hammams se trouvant dans le Royaume, on capitalise la consommation de 3 millions de tonnes de bois et l’émission de 4 millions de tonnes de CO2 par an.

Le concept solution : le hammam durable 

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Ce gaspillage d’énergie et de ressources naturelles ne peut pas durer, car les marocains en souffrent davantage, même sans s’en rendre compte.  Dernièrement, une nouvelle initiative a vu le jour au Maroc : les hammams durables. Lancée par Mehdi Khaldoun, propriétaire de plusieurs hammams traditionnels à Marrakech, et Mickael Benhaim, son ami ingénieur, le nouveau concept consiste tout simplement à convertir les vieux fours à bois en chaufferies modernes en utilisant des combustibles plus écolos.

Le projet a trouvé l’appui de l’Agence française de développement (AFD) qui l’a subventionné à hauteur d’un million d’euros. Techniquement, les nouvelles chaudières modernes utiliseront les résidus biologiques comme les coques d’amande ou les noyaux d’olives pour s’alimenter au lieu du bois. En termes d’économies, la nouvelle technique permettra un gain énergétique de 70% sur la facture de la consommation énergétique, autre que le fait de réduire les émissions du CO2 nocives à l’environnement.

Dans la marge de l’organisation de la COP 22 à Marrakech, le Maroc dépense et s’investi dans la sensibilisation de sa population à l’importance de la lutte contre le réchauffement climatique. Des projets appuyés par le Roi Mohamed VI et son bras droit dans la décision, sont entrain de voir le jour, mais de telles initiatives individuelles renforcent la conscience citoyenne marocaine et font agrandir ce rêve national d’avoir un Maroc vert dans le futur proche.